FRENCH CHAOS ZONE

SHEEP ON METH SHOCKED WITH TASERS !
 
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 topic poésie, le retour

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Male Number of posts : 6638
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PostSubject: topic poésie, le retour   Thu 29 Nov 2007 - 22:51

L'Épitaphe de Villon ou " Ballade des pendus "

Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A lui n'ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
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StinKfist



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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Fri 30 Nov 2007 - 0:41

Les insectes courent entre les pierres,
Prisonniers de leurs métamorphoses
Nous sommes prisonniers aussi
Et certains soirs la vie
Se réduit à un défilé de choses
Définit le cadre de nos déchéances
Leur fixe une limite, un déroulement et un sens;

Comme ce lave-vaisselle qui a connu ton premier
mariage
Et ta séparation,
Comme cet ours en peluche qui a connu tes crises de rage
Et tes abdications.

Les animaux socialisés se définissent par un certain
nombre de rapports
Entre lesquels leurs désirs naissent, se développent,
deviennent parfois très forts
Et meurent.

Ils meurent parfois d'un seul coup,
Certains soirs
Il y avait certaines habitudes qui constituaient la vie et voilà qu'il n'y a plus rien du tout
Le ciel qui paraissait supportable devient d'un seul
coup extrêmement noir
La douleur qui paraissait acceptable devient d'un seul
coup lancinante
Il n'y a plus que des objets, des objets, des objets au milieu desquels
on est soi-même immobilisé dans l'attente,

Choses entre les choses,
Chose plus fragile que les choses
Très pauvre chose
Qui attend toujours l'amour
L'amour, ou la métamorphose.


Michel Houellebecq


Last edited by on Sat 1 Dec 2007 - 19:34; edited 1 time in total
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Anne-Rodolphe
Ecrivain Maudit


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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Fri 30 Nov 2007 - 1:21

Une larme est une larme mais sans doute un ecceuil,
Comme l’histoire qui coule a nouveau sur le seuil.
J’ai trop bouffé d’couleurs, quand j’hesite c’est ailleurs,
Je m’imagine voguant de dalles en boites de terreurs

Pour un coeur,sans doute,
Pour une fleur, laissé en route.


Le silence pèse sur les fronts malheureux,
et j’estime qu’on est un peu trop à deux,
Il faut regrouper sa pensée, se complaire à s’en vanter,
et rejoindre, et rejoindre ,du bois, l’aurée.

Pour un coeur sans doute,
Pour une fleur, laissé en route.

Une larme est une larme mais sans doute un ecceuil,
comme l’histoire qui coule a nouveau sur le seuil,
Comme ses frasques maudites d’écervelés,
Comme cette fille qui s’est vu son coeur volé.

C’est un silence, qui s’obstine, dans la méfiance je dessine,
Le chaos qui m’est toujour favorable,
Lorsqu’on remet le bordel à table.
C’est un silence, qui s’obstine, dans la méfiance je dessine.
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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Fri 30 Nov 2007 - 1:58

Caniche O caniche

Tu vis dans ta niche
Quand mémé dort,
Tu en profite, tu sors.
Et en douce, doucement,
Tu fais un pas, tu en fais cent.

Caniche O caniche

Dehors tu es le roi
Tes yeux petillants et ton poil soyeux
En douce, doucement, tu abois
Et tous les autres chiens sont heureux
Alors tu ne rentre pas, tu laisse mémé
Pour le plus grand plaisir des canidés.













*Ayeu, arretez de pousser!*
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E.



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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Fri 30 Nov 2007 - 2:36

Tout a été dit cent fois
Et beaucoup mieux que par moi
Aussi quand j'écris des vers
C'est que ça m'amuse
C'est que ça m'amuse
C'est que ça m'amuse et je vous chie au nez.
[Boris Vian]
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laag



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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Fri 30 Nov 2007 - 4:39

Prévert 'Sceaux d'hommes égaux morts'

Sur les fesses du chef décapité
était tatoué le prénom du soldant familier
et le prénom du chef était tatoué
sur la poitrine de son homme fusillé
Leurs mains enlacées et crispées
faisaient semblant de vivre encore
Misogynie mère des guerres
Tasses et théières
Seaux d'eau
Mégots morts
Deux corps sous les décombres
dans l'ombre du décor.


Prévert 'la complainte du fusillé'

Complainte du fusillé

Ils m'ont tiré au mauvais sort
par pitié
J'étais mauvaise cible
le ciel était si bleu
Ils ont levé les yeux
en invoquant leur dieu
Et celui qui s'est approché
seul
sans se hâter
tout comme eux
un petit peu a tiré à côté
à côté du dernier ressort
à la grâce des morts
à la grâce de dieu.

Ils m'ont tiré au mauvais sort
par les pieds
et m'ont jeté dans la charrette des morts
des morts tirés des rangs
des rangs de leur vivant
numéroté
leur vivant hostile à la mort
Et je suis là près d'eux
vivant encore un peu
tuant le temps de mon mal
tuant le temps de mon mieux.
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Claire



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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Sat 1 Dec 2007 - 2:35

Walking Around

Il arrive que je me lasse d'être homme.
Il arrive que j'entre chez les tailleurs et dans les cinémas
fané, impénétrable, comme un cygne de feutre
naviguant sur une eau d'origine et de cendre.


L'odeur des coiffeurs me fait pleurer à cris.
Je ne veux qu'un repos de pierres ou de laine,
je veux seulement ne pas voir d'établissement ni de jardins,
ni de marchandises, ni de lunettes, ni d'ascenseurs.


Il arrive que je me lasse de mes pieds et de mes ongles,
de mes cheveux et de mon ombre.
Il arrive que je me lasse d'être homme.


Il serait cependant délicieux
d'effrayer un notaire avec un lys coupé
ou de donner la mort à une religieuse d'un coup d'oreille.
Il serait beau
d'aller par les rues avec un couteau vert
et en criant jusqu'à mourir de froid.


Je ne veux pas continuer à être une racine dans les ténèbres,
vaccillant, étendu, grelottant de rêve,
en dessous, dans les pisés mouillés de la terre,
absorbant et pensant, mangeant chaque jour.


Je ne veux pas pour moi tant de malheur.
Je ne veux pas continuer avec la racine et la tombe,
avec le souterrain solitaire, avec la cave aux morts
transis, me mourant de chagrin.


Voilà pourquoi le lundi flambe comme le pétrole
lorsqu'il me voit arriver avec ma face de prison,
il aboie dans son parcours comme une roue blessée,
et marche à pas de sang chaud vers la nuit.


Et il me pousse vers certains coins, vers certaines maisons humides,
vers des hôpitaux où les os sortent par la fenêtre,
vers certaines cordonneries à l'odeur de vinaigre,
vers certaines rues effroyables comme des crevasses.


Il y a des oiseaux couleur de soufre et d'horribles intestins
pendant aux portes des maisons que je hais,
il y a des dentiers oubliés dans une cafetière,
il y a des miroirs
qui devraient avoir pleuré de honte et d'épouvante,
il y a de tous côtés des parapluies, et des poisons et des nombrils.


Je me promène paisiblement, avec des yeux, avec des chaussures,
avec fureur, avec oubli,
je passe, je traverse des bureaux et des magasins d'orthopédie
et des cours où il y a des vêtements pendus à un fil de fer:
caleçons, serviettes et chemises qui pleurent
de longues larmes sales.

Pablo Neruda
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Lily Pop
Dark Piaffette


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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Wed 16 Apr 2008 - 19:00

Le Christ aux Oliviers

I

Quand le Seigneur, levant au ciel ses maigres bras
Sous les arbres sacrés, comme font les poètes,
Se fut longtemps perdu dans ses douleurs muettes,
Et se jugea trahi par des amis ingrats ;

Il se tourna vers ceux qui l'attendaient en bas
Rêvant d'être des rois, des sages, des prophètes...
Mais engourdis, perdus dans le sommeil des bêtes,
Et se prit à crier : "Non, Dieu n'existe pas !"

Ils dormaient. "Mes amis, savez-vous la nouvelle ?
J'ai touché de mon front à la voûte éternelle ;
Je suis sanglant, brisé, souffrant pour bien des jours !

"Frères, je vous trompais. Abîme ! abîme ! abîme !
Le dieu manque à l'autel où je suis la victime...
Dieu n'est pas ! Dieu n'est plus !" Mais ils dormaient toujours !...

II

Il reprit : "Tout est mort ! J'ai parcouru les mondes ;
Et j'ai perdu mon vol dans leurs chemins lactés,
Aussi loin que la vie, en ses veines fécondes,
Répand des sables d'or et des flots argentés :

"Partout le sol désert côtoyé par des ondes,
Des tourbillons confus d'océans agités...
Un souffle vague émeut les sphères vagabondes,
Mais nul esprit n'existe en ces immensités.

"En cherchant l'oeil de Dieu, je n'ai vu qu'une orbite
Vaste, noire et sans fond, d'où la nuit qui l'habite
Rayonne sur le monde et s'épaissit toujours ;

"Un arc-en-ciel étrange entoure ce puits sombre,
Seuil de l'ancien chaos dont le néant est l'ombre,
Spirale engloutissant les Mondes et les jours !

III

"Immobile Destin, muette sentinelle,
Froide Nécessité !... Hasard qui, t'avançant
Parmi les mondes morts sous la neige éternelle,
Refroidis, par degrés, l'univers pâlissant,

"Sais-tu ce que tu fais, puissance originelle,
De tes soleils éteints, l'un l'autre se froissant...
Es-tu sûr de transmettre une haleine immortelle,
Entre un monde qui meurt et l'autre renaissant ?...

"O mon père ! est-ce toi que je sens en moi-même ?
As-tu pouvoir de vivre et de vaincre la mort ?
Aurais-tu succombé sous un dernier effort

"De cet ange des nuits que frappa l'anathème ?...
Car je me sens tout seul à pleurer et souffrir,
Hélas ! et, si je meurs, c'est que tout va mourir !"

IV

Nul n'entendait gémir l'éternelle victime,
Livrant au monde en vain tout son coeur épanché ;
Mais prêt à défaillir et sans force penché,
Il appela le seul - éveillé dans Solyme :

"Judas ! lui cria-t-il, tu sais ce qu'on m'estime,
Hâte-toi de me vendre, et finis ce marché :
Je suis souffrant, ami ! sur la terre couché...
Viens ! ô toi qui, du moins, as la force du crime!"

Mais Judas s'en allait, mécontent et pensif,
Se trouvant mal payé, plein d'un remords si vif
Qu'il lisait ses noirceurs sur tous les murs écrites...

Enfin Pilate seul, qui veillait pour César,
Sentant quelque pitié, se tourna par hasard :
"Allez chercher ce fou !" dit-il aux satellites.

V

C'était bien lui, ce fou, cet insensé sublime...
Cet Icare oublié qui remontait les cieux,
Ce Phaéton perdu sous la foudre des dieux,
Ce bel Atys meurtri que Cybèle ranime !

L'augure interrogeait le flanc de la victime,
La terre s'enivrait de ce sang précieux...
L'univers étourdi penchait sur ses essieux,
Et l'Olympe un instant chancela vers l'abîme.

"Réponds ! criait César à Jupiter Ammon,
Quel est ce nouveau dieu qu'on impose à la terre ?
Et si ce n'est un dieu, c'est au moins un démon..."

Mais l'oracle invoqué pour jamais dut se taire ;
Un seul pouvait au monde expliquer ce mystère :
- Celui qui donna l'âme aux enfants du limon.

Gérard de Nerval
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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Thu 17 Apr 2008 - 16:45

I'm nobody! Who are you?
Are you nobody, too?
Then there's a pair of us — don't tell!
They'd banish us, you know.

How dreary to be somebody!
How public, like a frog
To tell your name the livelong day
To an admiring bog!

***

I LIKE a look of agony,
Because I know it ’s true;
Men do not sham convulsion,
Nor simulate a throe.

The eyes glaze once, and that is death. 5
Impossible to feign
The beads upon the forehead
By homely anguish strung.

***


I BREATHED enough to learn the trick,
And now, removed from air,
I simulate the breath so well,
That one, to be quite sure

The lungs are stirless, must descend 5
Among the cunning cells,
And touch the pantomime himself.
How cool the bellows feels!

***


I CANNOT live with you,
It would be life,
And life is over there
Behind the shelf

The sexton keeps the key to, 5
Putting up
Our life, his porcelain,
Like a cup

Discarded of the housewife,
Quaint or broken; 10
A newer Sèvres pleases,
Old ones crack.

I could not die with you,
For one must wait
To shut the other’s gaze down,— 15
You could not.

And I, could I stand by
And see you freeze,
Without my right of frost,
Death’s privilege? 20

Nor could I rise with you,
Because your face
Would put out Jesus’,
That new grace

Glow plain and foreign 25
On my homesick eye,
Except that you, than he
Shone closer by.

They ’d judge us—how?
For you served Heaven, you know, 30
Or sought to;
I could not,

Because you saturated sight,
And I had no more eyes
For sordid excellence 35
As Paradise.

And were you lost, I would be,
Though my name
Rang loudest
On the heavenly fame. 40

And were you saved,
And I condemned to be
Where you were not,
That self were hell to me.

So we must keep apart, 45
You there, I here,
With just the door ajar
That oceans are,
And prayer,
And that pale sustenance, 50
Despair!

***

I HAVE no life but this,
To lead it here;
Nor any death, but lest
Dispelled from there;

Nor tie to earths to come, 5
Nor action new,
Except through this extent,
The realm of you.


-- Emily Dickinson
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Lily Pop
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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Wed 30 Apr 2008 - 12:44

I sit, and listen to the hiss
of traffic and invoke
into this burned and gutted
room some ghost, some
vague ressemblance of a time

Off-on, on and off,
like one long sick
electric dream.
This state is confused
state. Out there everyone
is greedy for her love.

They will drain her life
like warm connectors,
plug into her soul
From every side and melt
her form for me.

But I deserve this,
Greatest cannibal of all.
Some tired future.
Let me sleep.
Get on with the disease.

Jim Morrison-Wilderness
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TetsuoZombie



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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Wed 30 Apr 2008 - 13:42

Chanson de Han d'Islande

Lorsque dans nos vertes campagnes
La nuit
Descend du sommet des montagnes
Sans bruit...
Malheur à toi qui dans nos plaines
Poursuis un voyage imprudent...
Entends-tu des forêts lointaines
Sortir un long rugissement ?...
C'est Han !
C'est Han !
C'est Han d'Islande...
Han ! Han ! Han ! Han !

Cet homme qui recèle une âme
De fer
Et dont les yeux lancent la flamme
D'enfer ;
Au fond de son antre sauvage
Courbé sur un corps palpitant,
Ce monstre qui repaît sa rage
De cris, de larmes et de sang...
C'est Han !
C'est Han !
C'est Han d'Islande...
Han ! Han ! Han ! Han !

Quand parfois au sein de la danse
Des jeux,
Tout à coup un homme s'élance...
Hideux !

Si l'on ne peut le reconnaître
Si de sa voix le sombre accent
Ajoute à l'effroi que fait naître
Son regard fixe et dévorant...
C'est Han !
C'est Han !
C'est Han d'Islande...
Han ! Han ! Han ! Han !

Gérad de Nerval
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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Wed 30 Apr 2008 - 15:44

Juste quelques extraits de mémoire car je trouve pas sur internet.
Sarah Wiame je crois, Le don des arbres.



Forêt profonde
au silence d'ombre
si loin de la gravité métallique du monde


Forêt qui peuple notre enfance
Où jamais les cailloux n'ont montré de chemin
Forêt refuge
Comme lit des amants
Quand la vie brûle


L'arbre déshabille nos peurs
Il donne une réponse au temps.
Prendre ses forces pour pouvoir
repartir

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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Wed 30 Apr 2008 - 18:22

Rozz Williams, Flowers, me trotte dans la tête...

Forget me not or I'll forget myself
I've got quite a few things that I'm afraid of
sometimes I just can't face myself
This is my favorite sad story,
Forget me not or I'll forget myself.
I guess I'll tuck myself away tonight,
you know it's been one of those days.

Every pretty flower,
every lovely flower,
every deadly flower
hides its light inside of shame.

I do not know why you don't know,
I cannot reap what you have sown
Beneath this blanket of loose soil,
wrapped around my mortal coil.

Well a stem is not a rose,
but that's how my garden grows.
I can't see the forest for the trees,
the stinking poison for disease
Now it's all shot to hell and back again.
I seek redemption for the
same old sins and I fall on my knees,
And I pray that all the poppies they
they will just fade away.
But fields of poppies they remain.
That's how they found me last time, dead

This is my favorite sad story,
forget me not or I'll forget myself.
I've got quite a few things that I'm afraid of,
sometimes I just won't face myself.
This is my favorite sad story,
forget me not or I'll forget myself
I guess I'll just tuck myself away tonight
you know its been one of those days.

Every pretty flower,
every lovely flower,
every deadly flower,
hides its light inside of shame.

I do not know why you don't know,
I cannot reap what you have sown,
Beneath this blanket of loose soil,
wrapped around my mortal coil.

Irises lay in spring mud,
where lovers drown each other's sorrows,
Where lovers dream about tomorrows.
As for me I drown another kind as
sadness runs course through my veins.
Posie wreaths they crown me.
My heart, My heart
I should just fade away, fade away
Like a flower...
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StinKfist



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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Wed 30 Apr 2008 - 18:23

Mots perdus, mots lointains
graphes écrits du fond de ta nuit
dans des lieux solitaires.

Tout le poids
de ta vie

Tu parcours ce théâtre absurde,
les lieux traversés, les murs,
l'égarement des paroles.


Lionel Ray
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dead joe



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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Wed 30 Apr 2008 - 18:33

Lily Pop wrote:
Le Christ aux Oliviers

I

Quand le Seigneur, levant au ciel ses maigres bras
Sous les arbres sacrés, comme font les poètes,
Se fut longtemps perdu dans ses douleurs muettes,
Et se jugea trahi par des amis ingrats ;

Il se tourna vers ceux qui l'attendaient en bas
Rêvant d'être des rois, des sages, des prophètes...
Mais engourdis, perdus dans le sommeil des bêtes,
Et se prit à crier : "Non, Dieu n'existe pas !"

Ils dormaient. "Mes amis, savez-vous la nouvelle ?
J'ai touché de mon front à la voûte éternelle ;
Je suis sanglant, brisé, souffrant pour bien des jours !

"Frères, je vous trompais. Abîme ! abîme ! abîme !
Le dieu manque à l'autel où je suis la victime...
Dieu n'est pas ! Dieu n'est plus !" Mais ils dormaient toujours !...

II

Il reprit : "Tout est mort ! J'ai parcouru les mondes ;
Et j'ai perdu mon vol dans leurs chemins lactés,
Aussi loin que la vie, en ses veines fécondes,
Répand des sables d'or et des flots argentés :

"Partout le sol désert côtoyé par des ondes,
Des tourbillons confus d'océans agités...
Un souffle vague émeut les sphères vagabondes,
Mais nul esprit n'existe en ces immensités.

"En cherchant l'oeil de Dieu, je n'ai vu qu'une orbite
Vaste, noire et sans fond, d'où la nuit qui l'habite
Rayonne sur le monde et s'épaissit toujours ;

"Un arc-en-ciel étrange entoure ce puits sombre,
Seuil de l'ancien chaos dont le néant est l'ombre,
Spirale engloutissant les Mondes et les jours !

III

"Immobile Destin, muette sentinelle,
Froide Nécessité !... Hasard qui, t'avançant
Parmi les mondes morts sous la neige éternelle,
Refroidis, par degrés, l'univers pâlissant,

"Sais-tu ce que tu fais, puissance originelle,
De tes soleils éteints, l'un l'autre se froissant...
Es-tu sûr de transmettre une haleine immortelle,
Entre un monde qui meurt et l'autre renaissant ?...

"O mon père ! est-ce toi que je sens en moi-même ?
As-tu pouvoir de vivre et de vaincre la mort ?
Aurais-tu succombé sous un dernier effort

"De cet ange des nuits que frappa l'anathème ?...
Car je me sens tout seul à pleurer et souffrir,
Hélas ! et, si je meurs, c'est que tout va mourir !"

IV

Nul n'entendait gémir l'éternelle victime,
Livrant au monde en vain tout son coeur épanché ;
Mais prêt à défaillir et sans force penché,
Il appela le seul - éveillé dans Solyme :

"Judas ! lui cria-t-il, tu sais ce qu'on m'estime,
Hâte-toi de me vendre, et finis ce marché :
Je suis souffrant, ami ! sur la terre couché...
Viens ! ô toi qui, du moins, as la force du crime!"

Mais Judas s'en allait, mécontent et pensif,
Se trouvant mal payé, plein d'un remords si vif
Qu'il lisait ses noirceurs sur tous les murs écrites...

Enfin Pilate seul, qui veillait pour César,
Sentant quelque pitié, se tourna par hasard :
"Allez chercher ce fou !" dit-il aux satellites.

V

C'était bien lui, ce fou, cet insensé sublime...
Cet Icare oublié qui remontait les cieux,
Ce Phaéton perdu sous la foudre des dieux,
Ce bel Atys meurtri que Cybèle ranime !

L'augure interrogeait le flanc de la victime,
La terre s'enivrait de ce sang précieux...
L'univers étourdi penchait sur ses essieux,
Et l'Olympe un instant chancela vers l'abîme.

"Réponds ! criait César à Jupiter Ammon,
Quel est ce nouveau dieu qu'on impose à la terre ?
Et si ce n'est un dieu, c'est au moins un démon..."

Mais l'oracle invoqué pour jamais dut se taire ;
Un seul pouvait au monde expliquer ce mystère :
- Celui qui donna l'âme aux enfants du limon.

Gérard de Nerval

Ah mais oui.

jap
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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Sun 20 Jul 2008 - 2:12

le
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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Wed 17 Sep 2008 - 3:07

L'AMOUR ET LA MORT, Giacomo Leopardi

Celui qu'aiment les Dieux meurt jeune.
MÉNANDRE.

Frère et soeur à la fois, naquirent fils du Sort,
Éclos le même jour, et l'Amour et la Mort.
Le monde ni le ciel n’ont vu choses si belles :
De l'un naît tout le bien aux natures mortelles,
Et le plus grand plaisir, ici-bas départi,
Sur ce vaste océan d'où chaque être est sorti.
L'autre à son tour fait taire, apaise en souveraine
Tout mal, toute douleur, si vive qu'elle prenne.
C'est une enfant très belle, et non point telle à voir
Que de lâches effrois la veulent concevoir
L'enfant Amour souvent l'accompagne et l'emmène;
Ils volent de concert sur cette route humaine,
Portant à tout coeur sage allégeance et confort.
Et coeur ne fut jamais plus sage ni plus fort
Qu'atteint d'amour : jamais mieux qu'alors il ne prise
La vie à son vrai taux, et souvent il la brise;
Car, partout où l'Amour se fait maître et seigneur,
Le courage s'implante ou renaît plein d'honneur,
Et la sagesse alors, non celle qu'on renomme,
Mais celle d'action, devient aisée à l'homme.

Lorsque nouvellement au sein d'un coeur profond
Naît un germe d'amour, du même instant, au fond,
Chargé d'une fatigue insinuante et tendre
Un désir de mourir tout bas se fait entendre.
Comment ? je ne sais trop; mais telle est, en effet,
D'amour puissant et vrai la marque et le bienfait.
Peut-être que d'abord le regard s'épouvante
Du désert d'alentour où l'amie est absente;
Peut-être que l'amant n'a plus devant les yeux
Qu'un monde inhabitable et qu'un jour odieux,
S'il n'atteint l'objet seul, l'idéal de son rêve :
Mais, déjà pressentant l'orage qui s'élève,
L'orage de son coeur, il tend les bras au port,
Avant que le désir ne rugisse plus fort.

Puis, quand le rude maître a pris en plein sa proie,
Quand l'invincible éclair se déchaîne et foudroie,
Combien, ô Mort, combien, au pire du tourment ,
Monte vers toi le cri du malheureux amant!
Combien de fois, le soir ou plus tard à l'aurore,
Laissant tomber son front que la veille dévore,
Il s'est dit bienheureux, si du brillant chevet
Jamais dès-lors, jamais il ne se relevait,
Et ne rouvrait les yeux à l'amère lumière!
Et souvent, aux accens de la cloche dernière,
Aux funèbres échos de l'hymne qui conduit
Les morts sans souvenir à l'éternelle nuit,
Avec d'ardens soupirs et d'un élan sincère
Il envia celui que le sépulcre enserre.

Même l'homme du peuple, et le moindre garçon
A qui certes jamais Zénon ne fit leçon,
Même la jeune fille, humble enfant qui s'ignore,
Qui se sentait dresser les cheveux hier encore
Au seul mot de mourir, tout d'un coup enhardis,
Ils vont oser régler ces apprêts si maudits,
Méditer longuement, d'un oeil plein de constance,
Le poison ou le fer, leur unique assistance;
Et dans un coeur inculte, et du reste ignorant,
La grace de la mort à la fin se comprend
Tant cette grace est vraie, et tant la discipline
De l'amour, vers la mort, doucement nous incline!
Souvent, lorsqu'à l'excès le soupir enflammé
Ne laisse plus de souffle au mortel consumé,
Ou bien le frêle corps, mourant de ce qu'il aime,
Sous l'effort du dedans se dissout de lui-même;
Et la Mort, par son frère, en ce cas-là prévaut;
Ou bien l'Amour au fond redouble tant l'assaut,
Que, n'y pouvant tenir et fatigués d'attendre,
Le simple villageois, la jeune fille tendre,
D'une énergique main, jettent leurs noeuds brisés,
Et couchent au tombeau leurs membres reposés.
Le monde en rit, n'y voit que démence ou faiblesse,
Le monde à qui le ciel fasse paix et vieillesse!

Mais aux bons, aux fervens, aux mortels généreux,
Puisse en partage échoir l'un ou l'autre des deux,
Amour ou Mort, seigneurs du terrestre domaine,
O les plus vrais amis de la famille humaine,
Que nul pouvoir n'égale ou prochain ou lointain,
Et qui dans l'univers ne cédez qu'au Destin!
Et toi qu'enfant déjà j'honorais si présente,
Belle Mort, ici-bas seule compatissante
A nos tristes ennuis, si jamais je tentai
Aux vulgaires affronts d'arracher ta beauté
Et de venger l'éclat de ta pâleur divine,
Ne tarde plus, descends, et que ton front s'incline
En faveur de ces voeux trop inaccoutumés!
Je souffre et je suis las, endors mes yeux calmés,
Souveraine du temps. A quelque heure fidèle
Qu'il te plaise venir m'enfermer dans ton aile,
Sois certaine de moi : toujours fier et debout,
Résistant au Destin et luttant malgré tout,
Refusant de bénir le dur fouet dont je saigne
Et de flatter la main qui dans mon sang se baigne,
Comme fit de tout temps le vil troupeau mortel,
Sois-en certaine, ô Mort, tu me trouveras tel;
Et rejetant encor toute espérance folle,
Tout leurre où, vieil enfant, le monde se console;
Comptant sur toi, toi seule, et pour mon ciel d'azur
N'attendant que le jour impérissable et sûr
Où je reposerai ma fatigue endormie
Sur ton sein virginal, ô la plus chaste amie!
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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Thu 25 Sep 2008 - 16:23

La Saveur du réel, Pierre Reverdy.

Il marchait sur un pied sans savoir où il poserait l’autre. Au tournant de la rue le vent balayait
la poussière et sa bouche avide engouffrait tout l’espace.
Il se mit à courir espérant s’envoler d’un moment à l’autre, mais au bord du ruisseau les pavés
étaient humides et ses bras battant l’air n’ont pu le retenir. Dans sa chute il comprit qu’il était
plus lourd que son rêve et il aima, depuis, le poids qui l’avait fait tomber.
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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Thu 25 Sep 2008 - 18:05

Virus de la prose, le style poétique la désarticule et la ruine: une prose poétique est une prose malade.

tusors
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Anne-Rodolphe
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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Thu 25 Sep 2008 - 18:12

Ce qu'il manque.


Dans les prémices des chutes hivernales je découvre mon désir.
Peut de chances qu'il prenne froid cependant, il souffre de sa propre énergie.
D'y voir un choix, un droit, une envie,
De prêter à sa demoiselle, un arbre et des plaisirs.

Parcourir des vagues de sons sans y trouver,
Celle qui brume l'atmosphère, celle qui concède,
A vivre enfermer dans l'art sans être laide,
A caresser les oeuvres que l'on s'en va couver.

J'ai coeur à prendre corps sans écarter l'esprit,
Voir à y réfléchir, en plus des scènes du sexe,
En acte de passions sans que cela me vexe,
Je veux une prêtresse, que j'aime et que j'écris.

-
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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Fri 26 Sep 2008 - 13:03

Aux Modernes

1872

Vous vivez lâchement, sans rêve, sans dessein,
Plus vieux, plus décrépits que la terre inféconde,
Châtrés dès le berceau par le siècle assassin
De toute passion vigoureuse et profonde.
Votre cervelle est vide autant que votre sein,
Et vous avez souillé ce misérable monde
D'un sang si corrompu, d'un souffle si malsain,
Que la mort germe seule en cette boue immonde.
Hommes, tueurs de dieux, les temps ne sont pas loin
Où, sur un grand tas d'or vautrés dans quelque coin,
Ayant rongé le sol nourricier jusqu'aux roches,
Ne sachant faire rien ni des jours ni des nuits,
Noyés dans le néant des suprêmes ennuis,
Vous mourrez bêtement en emplissant vos poches.

Poèmes barbares de Leconte de L'Isle
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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Fri 26 Sep 2008 - 13:23

Le bain des nymphes


C'est un vallon sauvage abrité de l'Euxin ;
Au-dessus de la Source un noir laurier se penche,
Et la Nymphe, riant, suspendue à la branche,
Frôle d'un pied craintif l'eau froide du bassin.

Ses compagnes, d'un bond, à l'appel du buccin,
Dans l'onde jaillissante où s'ébat leur chair blanche
Plongent, et de l'écume émergent une hanche,
De clairs cheveux, un torse ou la rose d'un sein.

Une gaîté divine emplit le grand bois sombre.
Mais deux yeux, brusquement, ont illuminé l'ombre.
Le satyre !... son rire épouvante leurs jeux ;

Elles s'élancent. Tel, lorsqu'un corbeau sinistre
Croasse, sur le fleuve éperdument neigeux
S'effarouche le vol des cygnes du Caÿstre.


José-Maria d'Hérédia Poèmes tragiques
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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Fri 26 Sep 2008 - 20:44

la chatte
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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Fri 26 Sep 2008 - 20:50

doctorkrank_ wrote:
Le bain des nymphes


C'est un vallon sauvage abrité de l'Euxin ;
Au-dessus de la Source un noir laurier se penche,
Et la Nymphe, riant, suspendue à la branche,
Frôle d'un pied craintif l'eau froide du bassin.

Ses compagnes, d'un bond, à l'appel du buccin,
Dans l'onde jaillissante où s'ébat leur chair blanche
Plongent, et de l'écume émergent une hanche,
De clairs cheveux, un torse ou la rose d'un sein.

Une gaîté divine emplit le grand bois sombre.
Mais deux yeux, brusquement, ont illuminé l'ombre.
Le satyre !... son rire épouvante leurs jeux ;

Elles s'élancent. Tel, lorsqu'un corbeau sinistre
Croasse, sur le fleuve éperdument neigeux
S'effarouche le vol des cygnes du Caÿstre.


José-Maria d'Hérédia Poèmes tragiques

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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Fri 26 Sep 2008 - 22:51

Je savais bien que tu ne serais pas indifférente! devil
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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Fri 26 Sep 2008 - 23:52

doctorkrank_ wrote:
Je savais bien que tu ne serais pas indifférente! devil
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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Sat 27 Sep 2008 - 0:21

Victor Hugo - La fin de Satan

HORS DE LA TERRE I. ET NOX FACTA EST

I. Depuis quatre mille ans il tombait dans l'abîme

Il n'avait pas encor pu saisir une cime,
Ni lever une fois son front démesuré.
Il s'enfonçait dans l'ombre et la brume, effaré,
Seul, et derrière lui, dans les nuits éternelles,
Tombaient plus lentement les plumes de ses ailes.
Il tombait foudroyé, morne silencieux,
Triste, la bouche ouverte et les pieds vers les cieux,
L'horreur du gouffre empreinte à sa face livide.
Il cria: - Mort! - les poings tendus vers l'ombre vide.
Ce mot plus tard fut homme et s'appela Caïn.
Il tombait. Tout à coup un roc heurta sa main;
Il l'étreignit, ainsi qu'un mort étreint sa tombe,
Et s'arrêta.
Quelqu'un, d'en haut, lui cria: - Tombe!
Les soleils s'éteindront autour de toi, maudit! -
Et la voix dans l'horreur immense se perdit.
Et, pâle, il regarda vers l'éternelle aurore.
Les soleils étaient loin, mais ils brillaient encore.
Satan dressa la tête et dit, levant le bras:
- Tu mens! - Ce mot plus tard fut l'âme de Judas.
Pareil aux dieux d'airain debout sur leurs pilastres,
Il attendit mille ans, l'oeil fixé sur les astres.
Les soleils étaient loin, mais ils brillaient toujours.
La foudre alors gronda dans les cieux froids et sourds.
Satan rit, et cracha du côté du tonnerre.
L'immensité, qu'emplit l'ombre visionnaire,
Frissonna. Ce crachat fut plus tard Barabbas.
Un souffle qui passait le fit tomber plus bas.
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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Sat 27 Sep 2008 - 0:34

Mit en musique sur un très bon morceau de Forbidden Site.
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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Sat 27 Sep 2008 - 16:45

Nymphe wrote:
doctorkrank_ wrote:
Je savais bien que tu ne serais pas indifférente! devil
Embarassed Embarassed Embarassed
Wink
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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Mon 29 Sep 2008 - 0:36

Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme
Ecoutez la chanson lente d'un batelier
Qui raconte avoir vu sous la lune sept femmes
Tordre leurs cheveux vertes et longs jusqu'à leurs pieds

Debout chantez plus haut en dansant une ronde
Que je n'entende plus le chant du batelier
Et mettez près de moi toutes les filles blondes
Au regard immobile aux nattes repliées

Le Rhin le Rhin est ivre où les vignes se mirent
Tout l'or des nuits tombe en tremblant s'y refléter
La voix chante toujours à en râle-mourir
Ces fées aux cheveux verts qui incantent l'été

Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire


Apollinaire, "Nuit rhénane"
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PostSubject: Re: topic poésie, le retour   Today at 11:08

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