Allez, un topic. Blame it on Dead Joe.

Warren Zevon, assez méconnu de ce côté de la mer, est tout simplement un des grands génies du vingtième siècle. A 13 ans, il côtoie Stravinsky qui lui apprend les bases de la musique classique. A 16, il est songwriter for hire pour les Everly Brothers, les Turtles ou Jackie DeShannon, avant de rejoindre brièvement Manfred Mann. A 22, il place un titre sur la BO de Midnight cowboy et sort un album produit par Kim Fowley. Rien que ça impressionne.
Dans les années 70, Warren Zevon est avec Jackson Browne le co-leader de la scène country rock californienne (les Eagles, tout ça), dont il se détache nettement de par son surplus d'exubérance glam et des tubes aussi fantastiques que
Werewolves Of London ou
Mohammed's Radio. Dans les années 80, il forme Hindu Love Gods avec des membres de REM. Dans les 90s, il est directeur artistique des Rock Bottom Remainders, le supergroupe de Matt Groening et Stephen King. Tout au long de sa carrière, il se paye le luxe d'avoir sur ses albums des featuring de Tom Petty, Bruce Springsteen, Neil Young, Jerry Garcia et dix mille autres encore. En 2003, il sort son dernier album,
The Wind (peut-être le plus grand disque de la décennie) alors qu'il est en train de crever d'un cancer : fidèle à son humour sardonique, il y chante une version foudroyante de
Knockin' On Heaven's Door (dont l'auteur lui a piqué des plans et des vers durant ses nombreux manques d'inspiration). Le livret est plein de guest-stars trop la classe (le Boss, Emmylou Harris, Billy Bob Thornton, Dwight Yoakam, etc...) et à la fin du dernier morceau on pleure parce que Warren est mort.