FRENCH CHAOS ZONE

SHEEP ON METH SHOCKED WITH TASERS !
 
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 Vous pensez être seuls à craindre pour vos fesses et puis , voilà ...

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Nekiko



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Localisation : Le pouvoir aux loutres, le feu aux poutres .
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PostSubject: Vous pensez être seuls à craindre pour vos fesses et puis , voilà ...   Wed 21 Dec 2011 - 4:52

J'ai diné. Un bon repas (poisson pané et purée , pour ceux que la précision intéresse) et après quelques minutes perdues à tenter de dépasser le premier niveau de Super Mario Flash en ligne, c'est l'heure de la clope et de la tisane. A l'heure de la tisane, que fait-on ? On pense. Ou pas. J'ai décidé de vous entretenir de la courte vidéo - reportage sur une hermine et une belette (lesquelles mobilisent toute mon attention à cet instant précis) que je regarde .

Ma tisane est déjà tiède, je serai brève.

Figurez-vous que l'hermine dont il est question ne répond que lorsqu'on l'appelle Martre. La force de l'habitude. Elle le vit mal, son blase. Sa position - cul dans l'herbe, pattes de devant hésitantes qui stagnent en l'air - laisse à supposer qu'elle s’accommode sans se froisser de son nom de baptême.
Toutefois , à la tronche aigrie qu'elle tourne résolument vers l'horizon quand son petit nom propre claque à ses tympans , on peut supposer qu'elle n'assume pas.
Sans compter que Martre a récemment changé de sexe. Elle veut qu'on l'appelle Geoffroy. Le narrateur n'en a cure, comment deviner ce qui se trame au frais sous cette fourrure sombre ?
Mais son fardeau, gentes dames, gentils messieurs : c'est qu'elle a la moitié de la population des hautes herbes au train. Sans compter l'espèce - bien plus importante en taille- qui ne peuple pas ces hautes herbes mais les piétine sans considération ni pour dieu ni pour les fourmilières.

Martre, interdite. Martre, soudain nerveuse. Martre, trahissant son émotion. Elle voudrait tant donner l'image d'une hermine mesurée, en paix avec elle même, amoureuse de cette verdure tendre qui lui chatouille les bas-joues. Elle voudrait tant adopter son regard so Marlene Dietrich, mais elle ne peut.

Martre en a plein la bonbonne qu'on l'appelle Martre et cherche des yeux le propriétaire de la voix narrative.

Pendant que Martre scrute frénétiquement son environnement immédiat, le narrateur (Régis) révèle la situation de l'hermine: sa survie est aux mains des politiques , le lobby des anti-nature mettant un foutoir sans précédent, elle est inscrite sur la liste des nuisibles.
Martre - trouvant enfin la provenance de la voix - fixe le grand crétin, la caméra, le sol , le grand crétin , la caméra , le sol, le grand crétin, la caméra, le sol (ad.lib) . Elle n'en revient pas. Cette salope de Régis ... Martre se sent soudain à poil, IL ne devrait pas parler de ça. Sans oublier qu'à ce niveau de décibels - sa voix porte - elle va se faire canarder, même pas le temps de dire ouf.
Et alors : adieu la bonne terre dans tous ses états: fraîche et moelleuse, émanant des effluves de jour de pluie, sèche et tiède lorsque celle-ci la néglige...adieu cinq à sept moites avec d'illustres inconnus...adieu parties de Triman à s'écrouler dans le vomi du voisin de tablée ... Hello trépas, muscles contractés dans une position loufoque donnant à l'ensemble presque un air de fête.
Sans cercueil, sans veuf.

Régis poursuit. Il énumère les crimes dont on accable Martre, la belle, la douce, la sensuelle Martre. Il beugle, le con. Le ton se veut emprunt de gravité. Il n'est que trivial. Froid. Il dit qu'elle est accusée de grailler du gibier. Puis, laconique, il rappelle que les gibiers sont de toutes façons tués par les chasseurs. D'ailleurs il est tellement laconique qu'il se prend la langue dans le tapis et mâchonne les dernières syllabes. En clair: il s'en tamponne l'oignon.
Martre lui a tourné le dos, elle trottine dans la direction opposée et cherche une planque. Mortifiée, l'hermine. Rouge sous poils. Il la suit avec sa caméra de merde. Ça lui excite le clocher: l'hermine jolie se ratiboise les méninges. Une feinte , trouver une feinte.

Régis, implacable. Régis, assourdissant de connerie. Il ne la lâche pas d'une semelle.
Il lui remet en mémoire - au cas où la menace qui plane quotidiennement sur sa petite tête aurait perdu en poids - qu'elle est essentiellement traquée pour finir en pinceaux , il ajoute " de grande qualité ", pensant sans doute lui flatter l'égo, "merci mec, je vais finir en pinceaux mais point d'angoisse puisqu'on louera mes doux reflets chocolat" .

" Vais te faire une auréole avec tes dents et les dents de ta sœur, tête de fion ça va pas trainer ! " - murmure Martre.

Le con nous entretient à présent de la quasi-gémellité de l'hermine et de la belette, nous avertit qu'il n'est pas aisé de les reconnaitre dans la nature. Il s'en paie une tranche, un sourire narquois, ça s'entend. L'hermine lève les yeux au ciel, non pas pour implorer une aide céleste mais si un pote ailé pouvait se pointer dans son champ de vision, elle pourrait le siffler pour qu'il fasse une halte. Sa gratitude serait immense. Elle n'a que très rarement connu désir meurtrier plus fort.
La dernière fois, elle n'était qu'herminette et s'était tenu indécise à la simple vue de son appareil génital. Sur ce, sa maman l'avait appelée pour qu'elle se charge de découper le gibier ( à l'aide d'un couteau électrique un peu fou-fou qui ne manquait pas d'échapper régulièrement des pattes de la mère pour lui tailler la fourrure en bikini ) , la mère avait gueulé " MAAAARTRE ", donc Martre, son prénom conchié, sa honte et son sexe... l'un dans l'autre, ça lui avait bien foutu les glandes et l'envie de meurtre s'était faite sentir. On a pas idée d'intituler son enfant avec tant de désinvolture.


( Ma tisane est maintenant froide mais de toutes façons je me suis craché la moitié du contenu de la tasse sur le bavoir, la fougue, vous savez...)

Le reportage se poursuit. Régis a perdu toute dignité. Il bafouille , il prophétise , il insiste sur ce qui différencie la belette de l'hermine. Le discours est successivement touffu puis disparate , il réussit à placer ses chiards dans le monologue et ses problèmes de transit , on l'entend crier après son copain de promenade - un certain Ferdinand - qu'il voulait du jambon blanc et qu'il exècre la rosette , consternation toute en silence pesant quand Ferdinand lui suggère d'aller se faire f..... chez les grecs, supposément accompagnée d'un regard furtif mais lourd de reproche vers l'inconséquent. Car la papille se joint à la peine de l'estomac qui suit de très près l'aveu de l'oubli de l'aliment ardemment désiré et alors là ...

Et alors là , je fais craquer mes jointures.


Si la loi de Juillet 76 interdit tout pleins de sales trucs qui lui pendent constamment au nez (qu'elle a fort mutin) , elle n' est pas sortie de la fiente, la Martre. C'est Régis qui le dit et il n'acceptera pas qu'on le contredise sur ce point d'ailleurs on entend distinctement Ferdinand qui ouvre sa gueule mais se censure , suite à un supposé geste de la main de son frangin de déroute lui faisant nettement comprendre la nécessité du silence le plus total.
Sur ce, une mélodie flotte, s'amplifie, s'amplifie, s'amplifie et cela à quelques mètres de notre narrateur éclairé. Lequel s'enflamme sur le champ ."MAIS PUTAIN FERDINAND C'EST PAS PERMIS DE ME LES BRISER COMME TU FAIS ! T'ES LOURD ! TU VOIS PAS QUE JE BOSSE !?"
Car le quinquagénaire frustré d'être ainsi contraint au silence le plus absolu, a sorti la folk.


Qu'advient-il de Martre ? Consternée, épuisée à force d'indignation , elle avise un coin tranquille, relativement à l'ombre. ENFIN. Elle part, fière, digne, résolue. Elle tourne les talons. Elle divorce de la dure réalité de la vie et ne se soucie même plus de se faire friser le porte-jarretelle par un ennemi qui lui tendrait une embuscade.
Elle se fait une niche de fortune, plus rien à foutre de rien.
Et le sommeil qui nie les hommes, les dingues, le degré Celsius. Tout.






canape
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JennModule



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PostSubject: Re: Vous pensez être seuls à craindre pour vos fesses et puis , voilà ...   Wed 21 Dec 2011 - 9:31

fou
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